Au Niger, les armes ont encore parlé là où les discours promettaient stabilité et souveraineté. Après près de vingt-quatre heures de troubles à Niamey, des dizaines de soldats auraient été arrêtés ou tués à la suite d’une tentative de mutinerie menée par de jeunes militaires mécontents de la dégradation persistante de la situation sécuritaire.
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Le scénario a tout d’un mauvais rappel de l’histoire récente : un pouvoir arrivé par les armes doit désormais composer avec des armes qui contestent son propre système. Les tirs et explosions entendus autour de l’aéroport de Niamey et à proximité du palais présidentiel ont transformé la capitale en théâtre d’incertitude, tandis que la localisation du général Abdourahamane Tiani demeurait incertaine.
Dans cette crise, Moscou n’a manifestement pas regardé le spectacle depuis les tribunes. Le Corps africain russe aurait apporté un soutien aérien et terrestre aux forces loyalistes. Des responsables nigériens auraient même remercié les militaires russes pour leur appui dans la répression de la mutinerie.
Après le retour progressif au calme, des centaines de personnes se sont rassemblées pour afficher leur soutien à Tiani. Mais derrière cette démonstration de fidélité, une question demeure : pourquoi des soldats censés défendre le régime en viennent-ils à le contester ?
Depuis le coup d’État de 2023, le Niger a rompu avec plusieurs partenaires occidentaux et renforcé ses liens avec la Russie. Pourtant, l’insécurité persiste. La mutinerie rappelle ainsi une vérité embarrassante : changer d’allié ne suffit pas forcément à changer le champ de bataille.
Wilfrid K./La rédaction







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