Il aura fallu plus d’un siècle pour que l’évidence s’impose. À Cape Town, l’Afrique du Sud restitue enfin au Zimbabwe des restes humains et un artefact sacré, arrachés à leurs terres au nom d’une prétendue « science coloniale ». Huit cercueils drapés de drapeaux nationaux, une cérémonie solennelle… et une question qui dérange : pourquoi si tard ?
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Car derrière l’émotion, la réalité est plus brutale. Ces restes, exhumés sans consentement, réduits à de simples objets d’étude, racontent une histoire que les discours officiels peinent à assumer. Celle d’un continent pillé, jusque dans ses morts, puis sommé d’attendre patiemment leur retour.
Les autorités sud-africaines parlent aujourd’hui de « devoir moral ». Une formule propre, presque confortable, qui contraste avec la violence des faits. Restituer ce qui a été volé devient un geste salué, comme si rendre l’évidence relevait désormais de l’exception.
Mais au-delà de cette cérémonie, une vérité persiste : la majorité du patrimoine africain reste encore dispersée à travers le monde. Et chaque restitution, aussi symbolique soit-elle, rappelle surtout l’ampleur du retard accumulé.
Au Zimbabwe, les ancêtres rentrent enfin. Mais la mémoire, elle, n’a jamais quitté les lieux.
Wilfrid K./La rédaction






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