Au Zimbabwe, le calendrier électoral semble désormais s’écrire au gré des majorités parlementaires. À Harare, le Sénat a largement validé une réforme constitutionnelle qui prolonge de deux ans le mandat du président Emmerson Mnangagwa. Une décision qui, pour ses détracteurs, ressemble moins à une réforme institutionnelle qu’à une rallonge politique soigneusement cousue sur mesure.
Avec 75 voix contre seulement quatre, le texte franchit une nouvelle étape après son adoption par l’Assemblée nationale. Il ne manque plus que la promulgation présidentielle pour officialiser un changement qui permettrait au chef de l’État de rester en fonction jusqu’en 2030. Plus surprenant encore, la réforme prévoit que le président ne sera plus élu directement par les citoyens, mais désigné par les parlementaires, eux-mêmes bénéficiaires d’une prolongation de leur mandat.
L’opposition dénonce un « coup d’État constitutionnel », tandis que les partisans du pouvoir y voient une mesure de stabilité. À 83 ans, Emmerson Mnangagwa confirme qu’en politique, certains chronomètres semblent avancer plus lentement que d’autres. Au Zimbabwe, la montre institutionnelle paraît désormais suivre le rythme du pouvoir plutôt que celui des urnes.






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