Le Tchad a choisi de tourner le dos à la Cour pénale internationale. En annonçant son retrait du Statut de Rome, N’Djamena affirme ne plus croire à une institution qu’il juge sélective, dénonçant une justice « à géométrie variable » dont les projecteurs semblent braqués, selon lui, presque exclusivement sur le continent africain. Une sortie qui relance un débat aussi ancien que sensible sur l’équilibre de la justice pénale internationale.
Dans les couloirs diplomatiques, cette décision résonne comme un uppercut politique. Pour les autorités tchadiennes, la CPI peine à convaincre par son efficacité, tandis que ses détracteurs y voient une institution prompte à convoquer les dirigeants africains mais beaucoup plus discrète lorsque d’autres crises éclatent sous d’autres latitudes.
Le calendrier de cette annonce ne passe toutefois pas inaperçu. Entre les pressions internationales, les appels américains à réexaminer l’adhésion au Statut de Rome et les accusations récurrentes liées au conflit soudanais, N’Djamena assure agir par principe et non par calcul. Reste que ce départ alimente une interrogation plus large : la justice internationale peut-elle conserver sa crédibilité lorsqu’une partie de ses justiciables estime que la balance ne penche jamais du même côté ?
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Wilfrid K./La rédaction




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