Au Sénégal, la scène politique semble avoir choisi un scénario inédit : un parti au pouvoir qui découvre les joies de l’opposition… contre lui-même. Depuis le limogeage d’Ousmane Sonko de la Primature, le 22 mai, l’ancien chef du gouvernement s’est installé au perchoir de l’Assemblée nationale, transformant l’hémicycle en nouveau centre de gravité politique. Avec une majorité écrasante de députés, il dispose désormais d’un levier institutionnel capable de peser sur l’action d’un président pourtant issu du même camp.
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Cette configuration brouille les repères habituels. Les adversaires d’hier assistent, presque amusés, à un duel entre deux figures qui avaient promis d’incarner une même vision. Le spectacle politique offre ainsi une majorité qui gouverne, une autre qui conteste, tandis que l’opposition traditionnelle observe cette confrontation en simple spectatrice. Une situation que plusieurs analystes décrivent comme une rivalité entre deux légitimités issues d’une même formation politique.
Les prochaines échéances s’annoncent déterminantes. La déclaration de politique générale du nouveau Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, les élections locales de 2027 puis la présidentielle de 2029 mesureront la solidité de cette coexistence inédite. En attendant, le Sénégal expérimente un paradoxe politique où le principal défi du pouvoir semble désormais provenir… de ses propres rangs.
Wilfrid K./La rédaction
