Au Sénégal, la promulgation des textes votés par la majorité Pastef prend des airs de feuilleton institutionnel. La présidence défend le report, pendant que les partisans du pouvoir parlementaire regardent leur calendrier avec une impatience. Officiellement, il s’agit de procédure et de garanties juridiques. Politiquement, le message est croustillant : une majorité qui dispose des chiffres ne possède pas automatiquement le stylo.
First Afrique TV : Votre fenêtre sur l’Afrique
Le président Bassirou Diomaye Faye assume son rôle d’arbitre, quitte à contrarier une famille politique dont il est issu. Les textes, examinés lors d’une session parlementaire, illustrent les frictions entre l’exécutif et une Assemblée dominée par Pastef. Le président du groupe parlementaire, Ayib Daffé, avait appelé à la promulgation d’un texte après intégration d’amendements présidentiels. Voilà qui donne à la scène un parfum de dialogue familial : tout le monde est de la même maison, mais chacun réclame la télécommande.
Derrière cette bataille de procédures se joue une question de pouvoir. Qui fixe le rythme de la réforme ? Qui tranche lorsque la majorité parlementaire et le chef de l’État ne marchent plus au même pas ?
Pour l’instant, le Sénégal découvre une mécanique : le pouvoir peut avoir la majorité, mais la Constitution garde le bouton « pause ».
Wilfrid K./La rédaction
