En République démocratique du Congo, le linge familial vient de trouver une machine à laver : la justice. Entre Raphaël Katebe Katoto et son demi-frère Moïse Katumbi, le différend foncier revient sur le devant de la scène avec une plainte portant sur plusieurs propriétés du Haut-Katanga. Résidences de Mulonde, Lofoi, Kashobwe, fermes Futuka et Munguzi : la liste est suffisamment longue pour donner à un conflit familial des airs de cadastre national.
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Raphaël Katebe Katoto accuse son cadet de s’être approprié ou d’occuper indûment plusieurs biens. Les proches de Moïse Katumbi rejettent ces accusations et défendent la régularité des transactions, affirmant que les documents et preuves de paiement pourront être produits. Autrement dit, dans cette affaire, chacun arrive avec ses papiers, ses certitudes et probablement sa propre version de la vérité. La justice, elle, devra surtout trier les titres du bruit politique.
Car le calendrier donne à cette querelle une saveur particulière. Après plusieurs années loin de la scène congolaise, Katebe Katoto est récemment revenu au pays et a engagé des consultations politiques dans le Haut-Katanga. Désormais proche du pouvoir de Félix Tshisekedi, selon Jeune Afrique, l’aîné poursuit son frère cadet au moment où celui-ci demeure une figure majeure de l’opposition. Coïncidence ? Les politiques congolaises ont parfois un étonnant talent pour transformer les repas de famille en dossiers judiciaires.
Le Parquet général près la Cour de cassation a demandé la fixation d’une audience. Le dossier devra donc désormais quitter les salons, les réseaux sociaux et les accusations croisées pour entrer dans le royaume moins spectaculaire des pièces, des titres et des preuves.
Reste une question : s’agit-il simplement d’un héritage conflictuel, d’un vieux contentieux foncier ressuscité ou d’une nouvelle bataille politique utilisant la famille comme terrain de jeu ? Pour l’instant, la justice devra répondre aux faits. Et en RDC, entre politique, patrimoine et rivalités familiales, les murs des maisons semblent parfois avoir plus de mémoire que leurs propriétaires.
Syste F./La rédaction
