La Russie veut renforcer son influence en Afrique. À Moscou, les poignées de main se multiplient, les discours rivalisent de chaleur et les promesses de coopération s’empilent. Mais derrière cette grande opération de séduction diplomatique, une question dérange : qui gagnera réellement au jeu des alliances ?
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Le Kremlin présente l’Afrique comme un partenaire stratégique, souverain et respecté. Une musique agréable à entendre pour des pays longtemps confrontés aux réflexes paternalistes de certaines puissances étrangères. Seulement, changer de partenaire ne signifie pas automatiquement changer de dépendance. Le costume du bienfaiteur peut être neuf ; les ambitions, elles, restent géopolitiques.
Sécurité, armement, ressources naturelles, commerce et soutien diplomatique : les intérêts russes sont multiples. Moscou cherche des débouchés, des alliés et une présence internationale renforcée. Rien d’illégitime dans cette stratégie. Mais prétendre que les intérêts de la Russie coïncident toujours avec ceux des populations africaines relèverait d’une naïveté particulièrement coûteuse.
Car les sommets produisent facilement des déclarations historiques. Les populations, elles, attendent des résultats beaucoup moins poétiques : des emplois, des infrastructures, des investissements vérifiables et une sécurité durable. Les communiqués ne nourrissent personne, et les poignées de main ne construisent pas des hôpitaux.
Le véritable enjeu pour les dirigeants africains n’est donc pas de remplacer un protecteur par un autre, mais de négocier sans complaisance. Si Moscou veut un partenariat gagnant-gagnant, qu’elle le démontre par des engagements financés, transparents et mesurables. L’Afrique n’a pas besoin d’un nouveau maître applaudi ; elle a besoin de partenaires tenus à leurs promesses.
Wilfrid K./La rédaction
