Au Bénin, la politique ne manque décidément pas d’imagination. Au sein du parti Les Démocrates, le concept du moment s’appelle « gouvernance simultanée ». D’un côté, Nourénou Atchadé, récemment installé à la tête du parti. De l’autre, Éric Houndété, qui rappelle avec assurance qu’il “reste et demeure” président par intérim. Résultat : un parti, deux capitaines… et un équipage visiblement déboussolé.
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Dans cette équation politique à deux inconnues, chacun semble détenir sa propre vérité. Les textes ? Interprétables. Les décisions ? Contestables. La légitimité ? Partagée… ou disputée. Pendant ce temps, les militants observent, oscillant entre perplexité et résignation, face à ce qui ressemble de plus en plus à un duel interne sans arbitre.
Il faut dire que le terrain était déjà fragilisé. Le départ de Boni Yayi de la direction du parti a ouvert une période de transition qui, au lieu de clarifier les lignes, a visiblement multiplié les zones d’ombre. Ce qui devait être une phase de consolidation s’est transformé en véritable test de résistance institutionnelle.
Dans ce climat, chaque déclaration devient un épisode, chaque décision un rebondissement. Le parti, censé incarner une alternative politique, donne désormais l’image d’une structure en quête d’elle-même. Et pendant que les leaders s’opposent sur la forme, le fond semble passer au second plan.
Au-delà de l’ironie, la situation interroge sur la capacité des formations politiques à gérer leurs propres crises internes. Car comment prétendre gouverner un pays quand on peine déjà à s’accorder sur qui dirige le parti ?
Au Bénin, la politique continue d’offrir son lot de surprises. Mais à ce rythme, le risque est réel : transformer le débat démocratique en spectacle permanent, où l’essentiel se perd dans les querelles de leadership.
Reste à savoir si ce bicéphalisme finira par accoucher d’une clarification… ou d’une implosion.
Wilfrid K./La rédaction
