À Lagos, quand l’eau monte, les idées aussi. Face aux inondations devenues presque saisonnières, les autorités ont trouvé une solution digne d’un brainstorming sous parapluie : assurer la catastrophe. Oui, vous avez bien lu. Une police d’assurance de 7,5 millions de dollars pour protéger des millions d’habitants menacés par les caprices climatiques.
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Sur le papier, tout est carré. Le financement est largement soutenu par des partenaires internationaux, pendant que la mégapole, forte de ses 22 millions d’âmes, continue de flotter entre modernité et marécages. Mais dans la réalité, Lagos ne lutte plus contre l’eau : elle apprend à vivre avec, ou plutôt à la budgétiser.
Car derrière cette innovation se cache une question simple : peut-on vraiment assurer l’imprévisible ? Quand les rues deviennent rivières et les maisons des îlots improvisés, l’assurance ressemble parfois à un pansement posé sur un océan. D’ici 2050, les pertes liées à l’inaction pourraient atteindre des sommets vertigineux, preuve que le problème dépasse largement les contrats bien ficelés.
Alors Lagos innove, certes. Mais à force d’assurer les conséquences, on en oublierait presque de traiter les causes. Après tout, pourquoi empêcher l’eau d’entrer… quand on peut simplement apprendre à indemniser les dégâts ?
Wilfrid K./La rédaction
