Le Mali vient de tourner une page dans le dossier Alpha Yaya Sangaré, et elle ressemble à un chapitre de roman où écrire peut coûter plus cher que combattre. L’ancien colonel de la Gendarmerie nationale a été condamné, jeudi 3 septembre, à vingt ans de réclusion criminelle pour atteinte à la sûreté extérieure de l’État. Le tribunal a ordonné la confiscation des exemplaires de son livre consacré au terrorisme.
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Le plus piquant reste le parcours de cette affaire. Arrêté en mars 2024 après la publication de son ouvrage, Sangaré avait vu son dossier s’alourdir progressivement. En décembre 2025, il avait déjà été radié des Forces armées et de sécurité par mesure disciplinaire. Cette fois, la justice ferme le rideau avec une peine lourde.
Dans le Mali de la transition, le livre semble avoir découvert une nouvelle catégorie d’arme : l’arme littéraire. On connaissait les combats sur le terrain ; voici désormais les batailles autour des pages, des analyses et des récits dérangeants.
Le parquet avait requis la peine de mort pour trahison, mais la juridiction a retenu une autre qualification. Une manière de rappeler que dans ce feuilleton, même les accusations passent par la case requalification.
Sangaré contestait les faits et sa défense plaidait l’acquittement. Verdict : vingt ans. Au Mali, certaines plumes semblent avoir besoin d’un gilet pare-balles.
Wilfrid K./La rédaction





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