Il aura fallu plus de six décennies pour que le fantôme de Patrice Lumumba frappe enfin à la porte des tribunaux. En Belgique, l’ancien diplomate Étienne Davignon, 93 ans, conteste aujourd’hui son renvoi en correctionnelle. Trop tard, trop vieux, trop flou ? La défense plaide le temps qui passe. Mais l’histoire, elle, semble avoir une mémoire tenace.
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Car derrière ce procès potentiel se cache bien plus qu’un homme : c’est toute une époque qui revient à la barre. Celle des indépendances africaines sous tension, des jeux d’influence et des décisions prises dans l’ombre. La justice soupçonne Davignon d’avoir participé à la détention illégale et au transfert de Lumumba, privant le leader congolais d’un procès équitable avant son assassinat en 1961.
Ironie judiciaire : à défaut de juger tous les responsables, il ne reste qu’un seul accusé. Le dernier témoin d’un système aujourd’hui disséqué.
Mais au fond, la vraie question dépasse le tribunal : peut-on juger l’histoire… ou seulement tenter de la rattraper ?
Wilfrid K./La rédaction
