À Port-au-Prince, la rue gronde, encore et toujours. Des centaines d’ouvriers ont envahi les abords du parc industriel pour réclamer une hausse du salaire minimum, devenu dérisoire face à la flambée des prix. Payés environ 685 gourdes par jour, à peine plus de cinq dollars, certains ne peuvent même plus se payer un gallon de carburant, désormais plus cher que leur salaire quotidien .
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Le contraste est brutal, presque indécent. D’un côté, un coût de la vie qui explose sous l’effet de la hausse des prix du carburant, de l’autre, des salaires figés depuis 2023. Résultat : des travailleurs contraints de marcher des kilomètres, de sauter des repas, ou d’emprunter dès le lendemain de leur paie.
Face à cette réalité, les slogans deviennent plus durs, les menaces plus explicites. Certains manifestants parlent désormais de « révolution » pour se faire entendre. Car au-delà des chiffres, c’est une fatigue sociale qui s’exprime, nourrie par l’inflation, l’insécurité et des promesses politiques qui peinent à se traduire en actes.
En Haïti, la crise ne se raconte plus. Elle se vit, chaque jour, à crédit.
Wilfrid K./La rédaction






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