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GABON : QUAND LE SILENCE NUMÉRIQUE DEVIENT POLITIQUE

HAC

Au Gabon, on a trouvé le bouton magique : « désactiver ». Réunie à Libreville, la Haute autorité de la communication a suspendu les réseaux sociaux « jusqu’à nouvel ordre ». Motif invoqué : trop de diffamation, trop de fausses nouvelles, trop de citoyens bavards. En somme, Internet parlait trop fort.

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Facebook, X, TikTok et Instagram priés de se taire pour le bien supérieur de la cohésion nationale. L’argument est connu : protéger la stabilité, préserver l’unité, encadrer la liberté d’expression — ce droit magnifique, mais visiblement fragile. La décision, prise sous la présidence de Germain Ngoyo Moussavou, s’appuie sur le Code de la communication. La loi, rien que la loi.

Reste une question : coupe-t-on la rumeur en coupant le réseau ? Ou déplace-t-on simplement la conversation ailleurs, dans les salons feutrés, les messageries cryptées et les marchés bruyants ? En voulant éteindre l’incendie numérique, le régulateur vient peut-être d’allumer un autre débat : celui de la frontière mouvante entre ordre public et parole publique.

Au pays du silence connecté, la déconnexion devient un acte politique.

Wilfrid K./La rédaction

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