Au Gabon, la guerre politique semble désormais se jouer aussi dans les coffres-forts. Depuis la chute d’Ali Bongo, les nouvelles autorités ont engagé une vaste offensive autour des avoirs attribués à l’ancienne famille présidentielle, transformant le patrimoine des Bongo en véritable dossier d’État.
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Le pouvoir de Brice Clotaire Oligui Nguema veut récupérer ce qui est présenté comme des richesses accumulées au fil de décennies de règne. Gel d’avoirs, procédures judiciaires et enquêtes financières dessinent les contours d’une opération qui dépasse largement la simple chasse aux comptes bancaires : c’est tout un ancien système de pouvoir que les autorités cherchent à mettre à nu.
Le paradoxe est savoureux. Ceux qui hier contrôlaient les palais, les administrations et les réseaux doivent aujourd’hui expliquer l’origine de patrimoines devenus soudainement suspects. La politique gabonaise découvre ainsi une nouvelle discipline : après avoir distribué les privilèges, il faut désormais justifier les factures.
La famille Bongo, de son côté, conteste les accusations et dénonce une offensive politique. La justice, elle, poursuit ses procédures, notamment autour de sociétés et d’avoirs liés à certains membres de l’ancienne famille présidentielle.
Pour Oligui Nguema, cette traque constitue une promesse de rupture avec l’ancien régime. Mais elle pose aussi une question embarrassante : récupérer les milliards supposés ne suffira pas si le Gabon ne parvient pas à transformer cette chasse aux avoirs en bénéfices concrets pour la population. Car au bout du compte, les Gabonais attendent moins des coffres ouverts que des écoles, des routes et des emplois.
Wilfrid K./La rédaction
