L’Éthiopie a décidé de voir grand, très grand, au point de donner le vertige aux pistes d’atterrissage. À Bishoftu, à une quarantaine de kilomètres d’Addis-Abeba, les autorités ont lancé la construction de ce qui s’annonce comme le plus vaste aéroport d’Afrique, un monstre d’acier et de béton taillé pour 110 millions de passagers par an. À ce rythme, même les nuages devront réserver leur créneau.
Estimé à 12,7 milliards de dollars, le projet promet autoroutes flambant neuves et train à grande vitesse, histoire d’atterrir directement dans le futur. Ethiopian Airlines met la main à la poche, la Banque africaine de développement aussi, pendant que d’autres bailleurs sont invités à embarquer avant le décollage final. En coulisses, 2 500 agriculteurs ont déjà quitté leurs terres, relogés à prix d’or, preuve que le progrès a parfois un billet aller simple.
Le tout se déroule dans un pays où certains territoires restent secoués par des conflits armés, mais qu’importe : l’Éthiopie parie sur les ailes du développement. Après le barrage de la Renaissance et les chantiers urbains, cet aéroport devient le nouveau symbole d’une ambition assumée. Faire de l’Éthiopie un hub continental, voire planétaire. Reste à savoir si tous ces avions trouveront la paix nécessaire pour atterrir.
Wilfrid K./La rédaction







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