En Guinée, on vient peut-être d’inventer la réforme politique la plus radicale du siècle : supprimer l’opposition pour simplifier le débat. Dans un décret nocturne digne d’un coup de balai administratif, le président Mamadi Doumbouya a dissous quarante partis politiques, dont plusieurs grandes formations d’opposition. Une solution élégante : moins de partis, moins de critiques, et surtout beaucoup moins de réunions bruyantes.
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Officiellement, ces partis auraient manqué à leurs obligations légales. Dans la pratique, certains observateurs notent que les principales voix critiques du pouvoir figuraient précisément sur la liste. Parmi elles, des formations historiques comme l’Union des forces démocratiques de Guinée. La coïncidence est si parfaite qu’elle pourrait presque passer pour une stratégie politique.
L’affaire arrive à peine quelques semaines après l’investiture du chef de l’État, ancien chef de la junte arrivé au pouvoir lors du coup d’État de 2021 et élu président fin 2025 lors d’un scrutin où les principaux leaders de l’opposition étaient déjà hors jeu. Autrement dit, l’opposition avait commencé à disparaître avant même la dernière mise à jour du système.
Ainsi va la modernisation politique : certains pays construisent des coalitions, d’autres préfèrent faire de la place. En Guinée, la démocratie semble désormais fonctionner avec un nouveau principe d’efficacité administrative : quand il y a trop de partis… il suffit d’en garder un. Ou presque.
Wilfrid K./La rédaction
