Au Cameroun, les grondements ne viennent pas seulement des tribunes politiques. Ils résonnent aussi dans les casernes, là où l’uniforme se porte souvent avec discipline mais parfois avec frustration. Depuis plusieurs années, des voix s’élèvent au sein des forces de défense pour dénoncer des retards de paiement, des primes contestées et des conditions de service jugées insuffisantes. Une situation qui alimente les interrogations sur le moral des troupes.
First Afrique TV : Votre fenêtre sur l’Afrique
Le contexte n’est pas anodin. Entre la lutte contre Boko Haram dans l’Extrême-Nord et la crise sécuritaire dans les régions anglophones, les forces armées sont sollicitées sur plusieurs fronts. Or, lorsqu’un soldat estime que les sacrifices consentis ne sont pas suffisamment reconnus, le malaise peut s’installer.
Pour le pouvoir de Yaoundé, la question dépasse le simple cadre militaire. À l’approche d’une période politique sensible, toute tension au sein des corps habillés est observée avec attention. L’histoire du Cameroun rappelle d’ailleurs que les équilibres institutionnels reposent aussi sur la loyauté des forces de sécurité.
Si aucune menace ouverte ne se profile, les signaux de mécontentement rappellent une réalité immuable : lorsqu’une armée commence à murmurer, les dirigeants tendent toujours l’oreille.
Wilfrid K./La rédaction
