Sous les flashes, les regards admiratifs et peut-être même quelques scanners trop zélés, le capitaine Ibrahim Traoré a reçu sa toute nouvelle Carte d’identité biométrique de l’AES, un petit rectangle censé contenir, en quelques grammes de polycarbonate, la solution à tous les maux sécuritaires du Sahel. Le moment, soigneusement chorégraphié, a été présenté comme une démonstration d’exemplarité présidentielle, si le chef de l’État se fait identifier, personne ne devrait échapper à la machine.
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Dans les discours officiels, la carte promet de faire circuler librement les citoyens, sécuriser les frontières, booster l’économie et, pourquoi pas, retrouver les chaussettes perdues depuis 2018. Dotée de données biométriques ultra-sophistiquées, la CIB-AES est décrite comme tellement sûre qu’elle pourrait reconnaître son propriétaire même après un long séjour sous le soleil sahélien.
Disponible dès l’âge de cinq ans, histoire de ne pas perdre de temps avec la citoyenneté, et obligatoire à partir de treize ans, elle deviendra bientôt le sésame sans lequel aucun déplacement, aucun document, aucune existence officielle ne sera possible. Reste à savoir si elle empêchera aussi, par magie, les balles et les bombes de circuler !
Wilfrid K./La rédaction






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