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AFRIQUE : PEUT-ON GRANDIR HORS LIGNE ?

INTERNET

Couper Internet pour protéger la nation : le geste est devenu presque banal. Un clic administratif, et tout un pays passe en mode avion. Dernier épisode en date, au Gabon, où la Haute Autorité de la Communication a suspendu les réseaux sociaux au nom de la cohésion sociale. Rideau numérique. Silence forcé. Circulez, il n’y a plus rien à tweeter.

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L’argument est connu : lutter contre les fausses informations, prévenir les tensions, préserver l’ordre public. Noble intention. Mais à l’ère des économies connectées, couper Internet revient à fermer les routes pour éviter les embouteillages. On immobilise tout le monde, y compris ceux qui travaillent, innovent, apprennent et vendent en ligne.

Pendant que les discours officiels célèbrent la transformation digitale, les start-up cherchent désespérément du réseau. Les commerçants perdent leurs clients, les étudiants leurs cours, les freelances leurs contrats. Le continent veut des fintech puissantes, des hubs technologiques ambitieux, une jeunesse connectée au monde — mais sous surveillance intermittente.

La liberté numérique n’est pas un caprice d’influenceur. Elle est devenue l’infrastructure invisible de l’économie moderne. La restreindre systématiquement, c’est ralentir la croissance au nom de la stabilité.

L’Afrique peut-elle se développer en coupant Internet ? Peut-être. Mais ce serait comme vouloir courir un marathon en retenant son souffle. À long terme, ce n’est pas l’Internet qui étouffe les nations. C’est son absence.

Wilfrid K./La rédaction

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