Quarante ans au pouvoir, ce n’est plus un mandat, c’est une carrière. Au Congo, le candidat du PCT ne gouverne plus : il s’installe. Face à l’usure du temps et aux règles constitutionnelles un peu trop contraignantes, la solution a été trouvée avec une élégance redoutable : changer la Constitution. Quand la loi fatigue, on la remplace.
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La limitation à deux mandats, présentée naguère comme un progrès démocratique, a été reclassée au rang des idées naïves. Ici, l’alternance est un concept importé, pas une pratique locale. Le chef, lui, reste. Expérimenté, incontournable, presque patrimonial. À ce niveau de longévité, le pouvoir n’est plus exercé, il est possédé.
Les élections deviennent alors un exercice de confirmation, un cérémonial bien huilé où le suspense se limite au taux de participation. La démocratie existe, bien sûr, mais sous cloche. On la sort les jours de vote, on la range aussitôt après.
Dans ce théâtre politique, la Constitution joue le rôle le plus ingrat : décor flexible, réécrit selon les besoins du héros principal. Et pendant que le pays regarde défiler les années, une question persiste, cruelle et ironique : quand le pouvoir devient éternel, qui gouverne encore le futur ?
Wilfrid K./La rédaction
