En politique, l’euphorie est un piège, et la parole, un luxe que tous ne peuvent se permettre. L’affaire Paulin Akponna le rappelle avec force. Un ministre n’est pas un citoyen ordinaire : ses mots ont un poids d’État, sa voix engage bien au-delà de sa personne. Sortir de la réserve, c’est sortir du rang. Et en politique, quitter le rang, c’est souvent quitter le poste.
À Parakou, l’ancien ministre de l’Énergie, de l’Eau et des Mines a confondu liberté d’expression et devoir de discipline. Résultat : un limogeage sec, suivi d’une mise au point claire du porte-parole du gouvernement. Pas de rapport transmis, pas de preuve documentée. Si soupçons y avait, ils devaient être canalisés par les voies institutionnelles, non exposés à la foule comme un règlement de comptes en place publique.
Le pouvoir n’est pas un terrain de déclarations personnelles. Il est rigueur, méthode et solidarité gouvernementale. Les envolées verbales peuvent flatter l’instant, mais elles sapent la cohésion. À ceux qui rêvent de gloire dans le tumulte, rappelons ceci : le silence maîtrisé vaut mieux qu’un mot qui coûte une carrière. Dans un gouvernement, parler à tort revient souvent à trahir sa mission.
Wilfrid K./La rédaction
