À Conakry, les serments s’empilent comme des promesses électorales en saison des pluies. Après le fracas des bottes, voici le murmure des urnes : 86,9 %, un chiffre si rond qu’il en devient carré. La Constitution, retouchée comme un boubou du dimanche, tombe parfaitement sur son nouveau porteur, pendant que les chancelleries applaudissent poliment, verre à la main.
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Le scénario est huilé : on renverse, on réécrit, on consulte, on sacre. La démocratie, version locale, s’habille de traditions et d’arguments juridiques, mais garde l’odeur de la poudre. Le peuple vote, dit-on, et l’histoire acquiesce en silence, sommée d’oublier l’avant-dernier serment.
Reste la comédie du pouvoir, jouée avec gravité. On jure une fois, puis deux, puis on s’étonne des dégâts. À force de confondre légitimité et légalisme, la Guinée découvre qu’un serment peut consacrer autant qu’il peut trahir. Et le rideau tombe, sous les applaudissements mesurés.
Wilfrid K./La rédaction






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