Entre Paris et Alger, la brouille diplomatique semble désormais avoir trouvé un nouveau terrain de jeu : les rayons des importateurs. Selon plusieurs enquêtes de presse publiées fin septembre, les produits français seraient écartés des programmes prévisionnels d’importation algériens depuis la fin juillet, à l’exception notamment des médicaments. Aucune annonce officielle d’un embargo n’a toutefois été publiée, ce qui laisse planer une épaisse brume administrative sur cette affaire.
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Le décor prête presque à sourire, si les conséquences économiques n’étaient pas aussi sérieuses. Pendant que les responsables des deux pays multiplient les gestes de rapprochement et les rencontres de haut niveau, les marchandises françaises semblent, elles, avoir reçu une consigne beaucoup moins diplomatique : rester à la porte. Voilà une manière originale de pratiquer le dialogue : les poignées de main d’un côté, les formulaires d’importation de l’autre.
Les échanges commerciaux franco-algériens ont déjà nettement reculé. Ils atteignaient 9,4 milliards d’euros en 2025, contre 11,1 milliards en 2024, selon les données françaises. Le phénomène s’inscrit aussi dans une volonté algérienne plus large de réduire certaines importations, diversifier ses partenaires et stimuler la production locale.
Reste une question embarrassante : combien de temps une relation peut-elle se normaliser politiquement tout en se refroidissant commercialement ? Pour l’instant, Paris et Alger semblent avancer dans la même direction, mais chacun avec sa propre carte.
Wilfrid K./La rédaction
