Le tribunal de première instance de Cotonou vient de rappeler, avec une plume trempée dans l’ironie judiciaire, qu’avant de prétendre gouverner un pays, encore faut-il savoir se gouverner soi-même. Dans une décision rendue publique le 13 octobre 2025, le juge Dossa Guillaume Lally a ordonné à Thomas Boni Yayi, président du parti Les Démocrates, de restituer à Michel François Oloutoyé Sodjinou le fameux formulaire nominatif de parrainage délivré par la CENA.
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En clair, la justice intime à un ancien chef d’État de rendre… un papier. Oui, un simple formulaire, devenu objet de discorde, d’intrigues et de joutes internes. On se croirait dans une série politique version béninoise : “Game of Parrainages”.
La décision ne s’arrête pas là. La CENA est sommée d’invalider l’ancien formulaire si la restitution traîne, et d’en délivrer un nouveau au député lésé. Une mesure d’exécution provisoire, comme pour dire que cette fois, le tribunal n’a plus envie de jouer les médiateurs de salon.
Mais derrière l’anecdote administrative se cache une question plus grave : comment un parti qui rêve de diriger la République peut-il se perdre dans une guerre de formulaires ? Comment inspirer confiance aux électeurs quand la maison brûle déjà de l’intérieur ?
Entre ambitions contrariées, querelles d’ego et procès fratricides, Les Démocrates donnent l’image d’un navire sans capitaine, balloté par ses propres contradictions. Et pendant qu’ils s’écharpent pour une fiche, le pays, lui, regarde, mi-amusé, mi-inquiet, ceux qui aspirent à le diriger.
Car s’il faut une ordonnance pour rétablir l’ordre dans un parti, qu’adviendra-t-il d’un pays tout entier ?
Wilfrid K./La rédaction
