Au Niger, la souveraineté s’exerce désormais au peigne fin… et surtout à grande échelle. Près de 3 000 ONG ont été suspendues en 2025 par les autorités militaires, officiellement pour non-conformité administrative. Officieusement, c’est une autre histoire qui s’écrit, plus silencieuse, mais nettement plus politique.
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Car derrière l’argument des états financiers non publiés, c’est tout un écosystème qui se retrouve mis sous pression. Associations locales, organisations internationales, acteurs humanitaires… tous sommés de rentrer dans les rangs ou de disparaître du paysage. Une méthode radicale, mais assumée, dans un pays où le pouvoir militaire a fait de la « maîtrise nationale » un principe central.
Le message est limpide : désormais, rien ne se fera sans contrôle. Quitte à fragiliser des actions humanitaires dans un contexte déjà marqué par l’insécurité et les crises sociales. Entre exigence de transparence et verrouillage progressif, la frontière devient floue.
Dans cette nouvelle équation, l’espace civique se rétrécit à mesure que l’autorité s’élargit. Et pendant que les ONG cherchent à se conformer, le pouvoir, lui, avance sans ralentir.
Au Niger, la régulation a changé de visage. Elle ne filtre plus. Elle tranche.
Wilfrid K./La rédaction






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