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LIBYE : SALEH CHUTE APRÈS DOUZE ANS

Portrait officiel dans un décor libyen

En Libye, les fauteuils parlementaires finissent par avoir une date de péremption. Aguila Saleh, président de la Chambre des représentants de l’est, a été évincé mardi après douze années passées à la tête de l’institution. Les députés lui ont préféré Al-Salhin Abdelnabi al-Obeidi, élu pour lui succéder.

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Le changement ne ressemble pourtant pas à une simple rotation de bureau. La veille, 98 députés avaient approuvé une modification du règlement intérieur limitant à douze mois le mandat du président et de ses adjoints. Saleh avait rejeté cette procédure, la jugeant non officielle et sans effet juridique. En clair, le président sortant ne voulait pas que le calendrier lui vole son fauteuil.

Cette éviction intervient dans une Libye coupée en deux, entre le gouvernement reconnu par les Nations unies à Tripoli et une administration rivale dans l’Est, soutenue par le maréchal Khalifa Haftar. Saleh, âgé de 82 ans, était considéré comme un allié important du camp de Haftar. Mais son influence semblait s’éroder, tandis que les fils du maréchal, notamment Saddam Haftar, renforcent leur poids politique et militaire.

Pour certains analystes, le départ de Saleh pourrait signaler une concentration accrue du pouvoir décisionnel autour du clan Haftar. Voilà qui donne à cette alternance parlementaire un parfum moins démocratique que stratégique. Pendant que Washington tente de relancer le processus politique et de réunifier les institutions, l’Est libyen continue de déplacer ses pions. En Libye, le pouvoir change parfois de visage, rarement de méthode.

Wilfrid K./La rédaction

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