Au Kenya, le trafic d’animaux sauvages a trouvé un nouveau filon : les fourmis géantes moissonneuses. Oui, des fourmis. Pendant que le monde imaginait encore les réseaux criminels occupés à l’ivoire, aux peaux rares ou aux cornes de rhinocéros, des trafiquants remplissent désormais seringues et tubes de laboratoire avec des reines de Messor cephalotes, une espèce très recherchée par les collectionneurs européens et asiatiques.
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Le plus absurde reste le prix atteint par ces insectes sur le marché noir. Certaines reines se vendent plusieurs centaines de dollars à des passionnés capables de transformer une colonie de fourmis en objet de luxe pour terrarium sophistiqué. Pendant ce temps, les scientifiques kényans rappellent que ces insectes jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes locaux en dispersant les graines et en régulant les sols.
Les autorités parlent désormais de “biopiraterie”. Et l’expression prend tout son sens lorsqu’on découvre des milliers de fourmis expédiées clandestinement vers l’Europe ou l’Asie pendant que les trafiquants transforment la biodiversité africaine en catalogue d’exportation exotique. Finalement, même les fourmis africaines semblent désormais condamnées à participer malgré elles au grand commerce mondial.
Wilfrid K./La rédaction
