Le panafricanisme version réseaux sociaux découvre peu à peu ses coulisses moins romantiques. Selon des révélations relayées par plusieurs enquêtes, l’activiste Kemi Seba aurait bénéficié entre 2018 et 2019 du soutien financier et logistique d’Evgueni Prigojine, patron du groupe Wagner et architecte des opérations d’influence russes en Afrique. Derrière les discours souverainistes et les drapeaux agités devant les caméras, l’affaire expose surtout les méthodes modernes de la géopolitique : acheter de l’influence en emballant les ambitions étrangères dans le langage de la libération africaine.
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Le tableau devient embarrassant pour une partie des militants anti-occidentaux convaincus de combattre toutes les formes d’ingérence étrangère. Car pendant qu’ils dénonçaient Paris, Washington ou Bruxelles, Moscou avançait discrètement ses pions à coups de financements, de propagande numérique et d’alliances idéologiques soigneusement entretenues.
Dans cette bataille mondiale pour l’influence, l’Afrique apparaît encore comme un immense terrain stratégique où les grandes puissances remplacent désormais les chars par des influenceurs politiques, des campagnes numériques et des récits émotionnels calibrés pour séduire une jeunesse en colère. Pendant ce temps, les populations continuent d’attendre autre chose que des guerres d’influence déguisées en solidarité révolutionnaire.
Wilfrid K./La rédaction






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