La Jamaïque ressort le dossier colonial, cette fois avec une pétition et une adresse royale. À Londres, Kingston demande que soient examinées les responsabilités britanniques dans la traite transatlantique et l’esclavage, ainsi que l’éventuelle obligation de réparation. Le décor est historique ; la question actuelle.
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La démarche vise le Comité judiciaire du Conseil privé et pose trois questions sur la légalité des pratiques esclavagistes et sur la responsabilité éventuelle du Royaume-Uni. Avant de parler facture, Kingston veut savoir qui doit juridiquement la payer. Une prudence bienvenue, même si le montant évoqué atteint dix milliards de dollars.
Charles III est interpellé, mais il ne possède pas la clé du coffre. Le roi doit agir selon les mécanismes constitutionnels et les recommandations du gouvernement britannique. Londres reconnaît le caractère odieux de l’esclavage mais refuse de s’engager sur des réparations. Le passé est reconnu atroce, mais pas assez coûteux pour ouvrir le portefeuille.
L’ironie historique est difficile à ignorer : lors de l’abolition, les propriétaires d’esclaves britanniques avaient été indemnisés, tandis que les personnes réduites en esclavage ne l’avaient pas été. Des générations plus tard, la Jamaïque demande que cette comptabilité soit relue.
Kingston transforme cette mémoire en bataille juridique. Et si Londres refuse, une question restera suspendue : combien de siècles faut-il attendre avant qu’une injustice historique cesse d’être reconnue et commence à être réparée ?
Syste F./La rédaction






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