Au Gabon, la transition politique n’a pas mis fin aux habitudes familiales : quand le pouvoir se perd, les prétoires se gagnent. Les Bongo, ex dynastie présidentielle devenue experte en procédures transfrontalières, poursuivent leur offensive judiciaire à l’international avec une détermination qui ferait pâlir bien des cabinets d’avocats. Là où d’autres rangent les souvenirs, eux alignent les recours.
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L’argumentaire est rodé, le ton feutré, et les plaintes voyagent mieux que les discours politiques d’antan. Entre dénonciation de spoliations, atteintes aux droits fondamentaux et batailles autour des avoirs, la famille transforme la justice étrangère en nouvelle scène politique. Le décor a changé, mais l’objectif reste le même : reprendre la main, au moins sur le récit.
À Libreville, le pouvoir de transition observe, entre prudence et irritation, cette judiciarisation tous azimuts qui déplace le débat hors des frontières. À défaut de micro national, la parole se fait internationale, en anglais juridique et en communiqués bien calibrés.
Dans cette partie d’échecs post-présidentielle, chaque camp avance ses pièces. Les Bongo misent sur le droit comme d’autres misaient sur les urnes. Reste à savoir si cette stratégie leur rendra plus qu’une visibilité médiatique : une légitimité perdue ou simplement un dernier acte dans une longue saga politico-judiciaire gabonaise.
Wilfrid K./La rédaction






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