À Davos, entre deux poignées de main feutrées et quelques discours sur la stabilité mondiale, l’Afrique du Sud a choisi la sortie discrète. Pretoria a annoncé son retrait temporaire du G20 pour l’année 2026, une façon élégante de dire qu’elle préfère prendre ses distances tant que Washington tient le volant. Sous présidence américaine, le club des grandes économies devenait visiblement trop inflammable.
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La décision n’est pas née d’un caprice. Depuis des mois, les relations entre Pretoria et Donald Trump ressemblent à un dialogue de sourds. Boycott du sommet du G20 en Afrique du Sud, accusations de politiques « hostiles » aux intérêts américains : le climat était déjà chargé. Quitter la table avant que les assiettes ne volent apparaît alors comme un choix de prudence assumée.
Officiellement, on parle de rationalité et de sagesse. Officieusement, l’Afrique du Sud évite de transformer un désaccord politique en crise diplomatique ouverte. Mais ce retrait a un goût amer. En quittant temporairement le G20, Pretoria laisse derrière elle un fauteuil africain déjà trop souvent solitaire. Le G20 version 2026 devient un G19, avec un continent entier relégué en coulisses.
Ce vide pose question. Qui portera la voix de l’Afrique, ses priorités économiques, ses urgences sociales ? En attendant une présidence britannique jugée plus conciliante l’an prochain, Pretoria mise sur le temps long. Une pause stratégique, certes, mais aussi un rappel brutal : dans les cercles du pouvoir mondial, l’équilibre reste fragile, et parfois, se taire est la meilleure façon de survivre.
Wilfrid K./La rédaction






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