Six musiciens béninois du Gangbé Brass Band sont désormais confrontés à une épreuve administrative qui menace de transformer leur aventure artistique française en parcours d’obstacles. Visés par des obligations de quitter le territoire français (OQTF) depuis le 15 juillet 2026, ils attendent que la justice administrative se prononce sur leurs recours. Le tribunal administratif de Rennes doit examiner leur situation le 19 novembre prochain.
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Le motif avancé renvoie notamment aux ressources tirées de leur activité artistique et au renouvellement de leurs titres de séjour. Des annulations de festivals et la baisse des engagements ont fragilisé leur volume de travail, compromettant le seuil d’activité nécessaire au maintien de leur statut. Comme si les musiciens pouvaient commander les programmations des festivals avec leur baguette, voilà qu’ils doivent répondre administrativement aux conséquences d’un calendrier culturel imprévisible.
Le paradoxe mérite pourtant d’être souligné : la musique voyage facilement, mais les artistes, eux, restent soumis aux frontières, aux justificatifs et aux cases réglementaires. Le Gangbé Brass Band, formation béninoise reconnue pour son mélange de cuivres, de percussions et de rythmes traditionnels, a contribué aux échanges culturels entre l’Afrique et l’Europe. Aujourd’hui, des soutiens se mobilisent et une pétition réclame l’abrogation des mesures contestées.
La loi doit naturellement s’appliquer, mais encore faut-il considérer les réalités d’un secteur où les contrats fluctuent et les scènes se ferment parfois sans préavis. Le 19 novembre, la justice devra examiner les recours. En attendant, ces musiciens jouent une partition bien moins festive : celle d’un avenir suspendu entre création artistique et exigences administratives.
