Washington cherche visiblement à résoudre son problème migratoire en le déplaçant ailleurs. Selon une enquête de RFI menée pendant six mois avec un consortium de 24 médias, l’administration américaine négocie avec plusieurs États africains l’accueil de migrants expulsés des États-Unis. En échange, les discussions peuvent porter sur les visas, les financements, l’aide, le commerce ou encore le soutien diplomatique.
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Le procédé a quelque chose d’une curieuse diplomatie de comptoir : « vous prenez les expulsés, nous regardons ce que nous pouvons vous accorder ». L’enquête évoque des documents internes, des témoignages et des négociations menées discrètement. Des avocats, diplomates et défenseurs des droits humains interrogés par les médias partenaires décrivent cette logique comme une forme de monnaie d’échange.
La République démocratique du Congo illustre concrètement ce nouveau dispositif. En avril 2026, une quinzaine de migrants latino-américains expulsés des États-Unis sont arrivés à Kinshasa. Plusieurs bénéficiaient pourtant de protections judiciaires américaines empêchant leur renvoi vers leur pays d’origine, selon les informations rapportées par Le Monde.
L’ironie est brutale : Washington parle de contrôle migratoire, tandis que certains pays africains deviennent des destinations intermédiaires pour des personnes dont les États-Unis veulent se débarrasser. Derrière les grands mots de coopération, une question demeure : jusqu’où peut aller une diplomatie lorsque l’être humain devient lui-même un élément de négociation ?
Wilfrid K./La rédaction





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