Paul-Henri Sandaogo Damiba a fait ses valises sans billet retour volontaire. L’ancien président de la transition burkinabè, renversé en 2022 par le capitaine Ibrahim Traoré, a été extradé le 18 janvier à Ouagadougou après un séjour discret mais surveillé au Togo. L’exil, souvent présenté comme une retraite dorée pour putschistes déchus, vient de montrer ses limites.
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Longtemps silencieux, Damiba est soudain redevenu encombrant. Les autorités burkinabè l’accusent d’avoir voulu reprendre la main en orchestrant, depuis l’ombre, une tentative de déstabilisation du pouvoir en place. Ironie du sort : l’homme qui avait promis sécurité et stabilité se retrouve aujourd’hui rattrapé par la mécanique qu’il avait lui-même huilée.
À Ouagadougou, son retour forcé a des allures de symbole. Celui d’une transition militaire qui ne tolère ni nostalgie ni concurrence, et qui rappelle que la révolution, même en treillis, dévore aussi ses anciens chefs. Pour l’opinion publique, le message est clair : au Burkina Faso, le pouvoir ne se quitte pas impunément, surtout quand on tente d’y revenir par la petite porte. Reste à savoir si Damiba sera jugé comme un conspirateur ou exposé comme un avertissement politique grandeur nature.
Wilfrid K./La rédaction






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