À Abidjan, les bulldozers ont peut-être rasé le quartier de Vridi-3, surnommé « Zimbabwe », mais ils ont surtout remis en chantier une vieille rivalité politique. Plus de 30 000 habitants se retrouvent sans toit, tandis que le débat oppose désormais deux visions du pouvoir : celle de la fermeté administrative et celle de la proximité avec les populations.
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D’un côté, le ministre-gouverneur Ibrahim Cissé Bacongo défend une politique de déguerpissements présentée comme nécessaire pour restaurer l’ordre urbain. De l’autre, le maire de Port-Bouët, Sylvestre Emmou, endosse le rôle de porte-voix des sinistrés et réclame davantage d’humanité dans la conduite des opérations. Au milieu, des milliers de familles découvrent que les pelleteuses avancent souvent plus vite que les solutions de relogement.
La scène politique ivoirienne offre ainsi un spectacle bien connu : chacun revendique la défense de l’intérêt général, mais les habitants, eux, attendent surtout un toit. Pendant que les responsables échangent arguments et postures, les déplacés rappellent une évidence : les querelles politiques ne remplacent ni un logement, ni un avenir.
Wilfrid K./La rédaction





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