À Abidjan, les déguerpissements ne font plus seulement disparaître des maisons : ils font apparaître les fissures du pouvoir. Au centre de la controverse, Ibrahim Cissé Bacongo, ministre-gouverneur du District autonome, dont la méthode musclée de transformation urbaine est désormais scrutée jusque dans les cercles politiques.
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L’affaire de Koumassi Campement a changé de dimension. Après la destruction de nombreuses habitations en juin 2026, une enquête judiciaire a été ouverte. Le procureur de la République a indiqué que les investigations devaient notamment déterminer le degré d’implication de Cissé Bacongo et vérifier si le plan ORSEC pouvait juridiquement justifier l’opération. Le dossier est donc loin d’être une simple querelle de bulldozers et de permis de construire.
Et voilà le président Alassane Ouattara placé devant un exercice délicat : soutenir une politique de modernisation urbaine sans donner l’impression de cautionner des méthodes contestées. Car, dans cette histoire, le béton avance vite, mais la politique, elle, marche sur des œufs.
Plus embarrassant encore, le Conseil du District d’Abidjan a publiquement renouvelé son soutien à Bacongo, alors que le débat sur sa responsabilité enfle.
À force de vouloir nettoyer la ville à coups de pelleteuse, le pouvoir découvre une règle élémentaire : on peut démolir un mur en quelques minutes, mais il est beaucoup plus difficile de reconstruire la confiance. À Abidjan, le chantier dépasse désormais les rues : il touche directement aux équilibres politiques. Et les décombres commencent désormais à peser sur le sommet.
Wilfrid K./La rédaction
