Le 15 octobre 2026, Bamako devrait accueillir Vassiriki Traoré, patron des renseignements ivoiriens, à l’invitation de son homologue malien, Modibo Koné. Au programme : coopération sécuritaire et partage de renseignements contre le terrorisme. Quand les diplomates s’épuisent en déclarations et que les politiques cultivent leurs méfiances, les services secrets sont appelés à remettre de l’ordre dans la maison. Le paradoxe est savoureux : ceux qui travaillent dans l’ombre pourraient éclairer les relations entre deux voisins qui se regardent encore avec prudence.
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Depuis la crise des 49 militaires ivoiriens arrêtés à Bamako en juillet 2022, Abidjan et Bamako ont appris à conjuguer voisinage et suspicion. Les soldats ont finalement été graciés en janvier 2023, après une médiation togolaise, mais la confiance ne se décrète pas comme une grâce présidentielle. Elle se reconstruit, lentement, à coups d’actes concrets.
Aujourd’hui, la menace terroriste rappelle aux deux capitales une vérité élémentaire : les groupes armés ne demandent pas de visa avant de franchir les frontières. Le corridor commercial Abidjan-Bamako, vital pour les échanges, ne peut pas davantage prospérer au milieu de l’insécurité.
Reste que les poignées de main officielles ne neutralisent aucun combattant. Le partage d’informations devra dépasser les belles intentions, avec des mécanismes fiables et des résultats mesurables. Sinon, cette visite ne sera qu’un épisode de plus dans le feuilleton des réconciliations annoncées.
Entre méfiance politique et urgence sécuritaire, Abidjan et Bamako semblent enfin comprendre que l’orgueil ne protège personne. Mais la coopération, elle, devra prouver qu’elle sait travailler autrement qu’en coulisses.
