Cent dix ans après son arrachement brutal, le tambour parleur Djidji Ayôkwé a retrouvé le chemin de la Côte d’Ivoire. La restitution officielle de cet objet sacré, volé en 1916 au peuple atchan par l’administration coloniale française, a été actée le 20 février 2026 à Paris, lors d’une cérémonie solennelle au Musée du quai Branly. Plus qu’un simple retour d’objet, c’est une mémoire confisquée qui revient à la maison.
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Imposant par sa taille et sa charge symbolique, le Djidji Ayôkwé fut longtemps un instrument de rassemblement, de communication et de résistance. Sa restitution, portée par la ministre ivoirienne de la Culture, Françoise Remarck, marque un moment de réconciliation avec l’histoire et un acte de reconnaissance attendu par toute une nation. Côté français, Éléonore Caroit a salué un partenariat désormais fondé sur l’égalité et la lucidité mémorielle.
De retour à Abidjan, le tambour deviendra la pièce maîtresse du futur Musée des civilisations de Côte d’Ivoire, symbole d’un patrimoine vivant transmis aux générations futures. Le Djidji Ayôkwé n’est plus un trophée de musée étranger : il redevient une voix, un lien et un repère. À travers lui, la Côte d’Ivoire rappelle que l’histoire ne se répare pas par le silence, mais par des actes.
Wilfrid K./La rédaction
