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CONFÉDÉRATION DU SAHEL : SYMBOLES, PROMESSES, RÉALITÉS FRAGILES

AES

Au Sahel, la Confédération avance à grands pas… sur le papier. Hymne solennel, projets de passeports communs, banque confédérale annoncée : tout est là pour donner l’illusion d’un État en devenir. Sur le terrain, en revanche, la souveraineté ressemble encore à un communiqué de presse bien rédigé, mais mal livré.

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Les dirigeants promettent une rupture historique, une alliance forte, affranchie des influences extérieures. Le discours est ferme, les micros bien réglés. Mais quand il s’agit de coordonner les économies, sécuriser réellement les frontières ou harmoniser les politiques publiques, la machine confédérale tousse. Beaucoup. L’unité proclamée se heurte à des réalités budgétaires têtues, des administrations nationales jalouses et des populations plus préoccupées par le prix du mil que par la couleur d’un futur passeport.

Côté sécurité, la promesse d’une réponse collective reste suspendue. Les groupes armés, eux, n’attendent pas la mise en place des organes confédéraux pour circuler librement. Ils profitent d’un décalage cruel entre l’ambition affichée et les moyens réels. Pendant ce temps, les communiqués s’empilent plus vite que les résultats concrets.

Sur le plan démocratique, la Confédération revendique une nouvelle voie, mais peine à rassurer sur la place des citoyens dans ce grand projet. L’alliance parle d’avenir, mais gouverne surtout par symboles. Pour l’instant, la Confédération des États du Sahel existe surtout comme une idée séduisante : puissante dans les discours, fragile dans la réalité. Une union en construction, dont les fondations restent à couler.

Wilfrid K./La rédaction

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