À Abuja, les chefs d’État de la Cédéao se retrouvent pour un sommet qui ressemble moins à une routine diplomatique qu’à une séance de gestion de crises multiples. Sous la présidence fraîchement endossée de Julius Maada Bio, le président sierra-léonais, l’organisation ouest-africaine se penche sur une sous-région où la stabilité politique est devenue une denrée rare et la sécurité un chantier permanent.
Au cœur des discussions figure le Bénin, encore marqué par la tentative de coup d’État du 7 décembre. Le maintien, voire le renforcement, des quelque 200 soldats de la force en attente déjà déployés est sérieusement envisagé. La Sierra Leone et le Ghana pourraient être sollicités pour apporter des contingents supplémentaires, signe que la Cédéao entend afficher une solidarité militaire visible face aux menaces institutionnelles.
La Guinée-Bissau s’invite également à l’agenda, avec une crise politique qui divise et inquiète. Après le renversement du président Umaro Sissoco Embalo, la question des sanctions se pose, tandis que des organisations de la société civile réclament la publication immédiate des résultats électoraux. Pour nombre d’acteurs régionaux, la crédibilité démocratique de la Cédéao est désormais en jeu.
Enfin, le sommet d’Abuja se penche sur une menace plus diffuse mais tout aussi pressante : l’expansion du terrorisme vers le nord des pays côtiers. Du nord de la Côte d’Ivoire à celui du Nigeria, l’insécurité progresse sans frontières. Un constat alarmant qui pousse l’organisation à repenser sa coordination sécuritaire, sous peine de courir après les crises plutôt que de les prévenir.
Wilfrid K./La rédaction







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