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CAMEROUN : LES OUBLIÉS DERRIÈRE LES BARREAUX ÉLECTORAUX

CAMEROUN

Dix mois après la présidentielle camerounaise, le vacarme des campagnes s’est estompé, les affiches ont disparu des murs et les promesses se sont envolées avec les discours. Pourtant, derrière les portes des prisons, des dizaines de personnes arrêtées dans le contexte de la crise post-électorale continuent d’attendre que l’actualité se souvienne de leur existence.

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Dans le grand théâtre politique, les projecteurs éclairent désormais d’autres scènes. Les partis se repositionnent, les alliances se recomposent et les responsables rivalisent de déclarations sur l’avenir du pays. Pendant ce temps, les détenus de la crise post-électorale semblent condamnés à une peine supplémentaire : celle de l’oubli. Pour leurs proches, chaque audience reportée ressemble à une promesse rangée dans un tiroir administratif.

Le paradoxe est saisissant. Alors que la stabilité est régulièrement célébrée comme une victoire nationale, des familles continuent de réclamer des réponses sur le sort de leurs proches. Dans les couloirs de la justice, le temps paraît avancer à un rythme différent, comme si les calendriers politiques et judiciaires ne partageaient pas les mêmes aiguilles.

Au Cameroun, la crise post-électorale rappelle ainsi une vérité souvent dérangeante : lorsqu’une élection s’achève, certains citoyens continuent d’en payer le prix longtemps après la fermeture des bureaux de vote.

Wilfrid K./La rédaction

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