Le dimanche 8 décembre 2025 restera comme un jour où le Bénin a regardé le vide… sans y tomber. Une tentative de coup d’État, aussi bruyante que désorganisée, a été mise en échec avant même de prendre corps. Elle visait le président Patrice Talon, mais c’est toute la République qui était en ligne de mire. L’échec fut rapide, presque grotesque. La leçon, elle, doit être profonde.
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Ce pseudo-putsch n’a pas révélé une armée factieuse ni une nation fragile. Il a surtout exposé les illusions dangereuses de quelques individus convaincus que l’État béninois pouvait vaciller sous le poids de menaces virales, de discours incantatoires et de calculs aventureux. La République a tenu. Les institutions ont tenu. Et les forces de défense et de sécurité ont répondu avec professionnalisme, sang-froid et efficacité. C’est un acquis précieux qu’il faut saluer sans triomphalisme.
Mais se satisfaire de l’échec serait une faute. Car cet épisode rappelle une vérité inconfortable : les menaces contemporaines ne portent plus toujours l’uniforme. Elles circulent sur les réseaux sociaux, se nourrissent de frustrations, exploitent les failles sociales et politiques, et cherchent à contaminer les esprits avant d’atteindre les institutions. La vigilance ne doit donc pas être uniquement militaire ; elle doit être aussi politique, sociale et citoyenne.
Au haut commandement, une exigence s’impose : renforcer le renseignement, anticiper les radicalisations internes, consolider la discipline républicaine et adapter les dispositifs de sécurité à ces nouvelles formes de subversion. La loyauté à la Constitution doit rester non négociable, sans naïveté ni complaisance.
À la classe politique, le moment appelle à la responsabilité. Les divergences sont légitimes en démocratie, la contestation est un droit, mais la banalisation de discours insurrectionnels est une ligne rouge. Jouer avec le feu de l’instabilité, c’est toujours brûler la maison commune.
Enfin, chaque Béninois, de l’intérieur comme de la diaspora, est interpellé. La démocratie ne se délègue pas entièrement à l’État. Elle se protège aussi par la lucidité, le refus de la manipulation, la dénonciation des appels à la haine et à la violence.
Le Bénin n’a pas vacillé. Mais l’histoire enseigne que les nations qui durent sont celles qui tirent des leçons avant que le danger ne devienne réel. Ce 8 décembre doit être un avertissement. Pas une parenthèse.
Wilfrid K./La rédaction







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