Il est des jours où la démocratie béninoise joue à cache-cache avec elle-même, et le député Soumaila Sounon BOKÉ vient d’en être le protagoniste malgré lui. Après la tentative de putsch du 7 décembre, les mots ne sont plus de simples lettres assemblées, mais des pièces à conviction. Ainsi, des « messages incriminés », selon la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, ont suffi pour conduire un législateur derrière les barreaux. Pendant ce temps, les réseaux sociaux s’improvisent tribunaux, et les internautes, procureurs sans robe.
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Dans le rôle du suspect, BOKÉ a découvert que la liberté d’expression n’est pas toujours un boulevard, surtout lorsque l’on tweete à contre-courant de l’orage politique. À la place du micro, un dossier judiciaire. À la place des applaudissements, des verrous. Ironie du sort : celui censé représenter la voix de ses électeurs se retrouve réduit au silence judiciaire, tandis que ses déclarations deviennent pièces à conviction.
Les autorités rappellent que la loi est égale pour tous, même quand elle gratte la gorge du débat public. Le citoyen, lui, regarde, mi-amusé mi-interdit, cette pièce dramatique où les mots pèsent plus que les armes. Dans les coulisses, on murmure que la République défend l’ordre ; à la tribune, on se demande combien coûte un tweet en liberté.
Wilfrid K./La rédaction







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