À Niamey, l’attaque récente n’a pas seulement laissé des traces matérielles. Elle a surtout servi de tremplin à une nouvelle salve verbale du général Abdourahamane Tiani, prompt à pointer du doigt des ennemis bien identifiés. Dans un décor où la tension est devenue un élément permanent du paysage politique, le chef de la junte nigérienne a ressorti la liste habituelle des accusés : Paris, Abidjan et Cotonou, rangés dans la même vitrine des “sponsors” supposés du désordre régional.
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Le ton, lui, n’a rien d’administratif. Il est martial, presque théâtral, comme si la scène internationale était une arène où chacun devait choisir entre rugir ou se taire. Emmanuel Macron, Alassane Ouattara et Patrice Talon se retrouvent ainsi convoqués dans un récit où les mercenaires tiennent lieu de figurants et la souveraineté de mot-clé incantatoire.
Derrière cette rhétorique offensive, le message est clair : transformer une attaque sécuritaire en argument politique. En accusant l’extérieur, le pouvoir consolide l’intérieur, resserre les rangs et détourne l’attention des fragilités domestiques. La stratégie est connue, presque classique, mais toujours efficace auprès d’un public lassé des nuances diplomatiques.
Reste à savoir si ces déclarations tonitruantes feront plus de bruit que d’effet. Car à force de désigner des coupables, le risque est de transformer la politique étrangère en monologue, où l’écho remplace le dialogue et où la satire finit par se confondre avec la réalité.
Wilfrid K./La rédaction







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