Quarante-quatre ans à la tête du Cameroun : Paul Biya vient de franchir un anniversaire politique que peu de dirigeants peuvent revendiquer. À 93 ans, le chef de l’État demeure aux commandes, tandis qu’une question essentielle attend toujours sa réponse : qui assurera la succession en cas d’empêchement ?
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La réforme constitutionnelle d’avril 2026 a réintroduit la fonction de vice-président. Le mécanisme devait clarifier la continuité de l’État : le titulaire serait nommé par le président et pourrait achever le mandat si celui-ci décédait, démissionnait ou devenait incapable d’exercer. Sept mois plus tard, le fauteuil reste vide. La Constitution a donc prévu le remplaçant, mais le principal intéressé n’a pas encore communiqué son nom.
Voilà une curiosité institutionnelle dont Yaoundé pourrait presque faire une spécialité : créer un poste stratégique, en expliquer l’importance, puis laisser le pays attendre la personne appelée à l’occuper. La succession ressemble à un dossier classé « urgent » dans une administration où l’urgence semble avoir demandé un congé.
Pendant ce temps, les interrogations sur la stabilité et la prévisibilité du pouvoir persistent. Un État ne peut durablement confondre continuité institutionnelle et attente indéfinie. La fonction présidentielle n’est pas une affaire privée, encore moins un fauteuil transmissible au gré des convenances.
Après quarante-quatre années, le véritable enjeu n’est pas de célébrer la longévité, mais d’organiser clairement l’avenir. Le Cameroun mérite mieux qu’un suspense constitutionnel permanent, désormais.
Wilfrid K./La rédaction





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