Au Niger du général Abdourahamane Tiani, les arrestations d’anciens responsables politiques prennent des airs de feuilleton sans générique de fin. Dernier épisode : Kalla Moutari, ancien ministre de la Défense et ex-député, a été interpellé le 1er septembre à Dakoro, dans la région de Maradi, selon Jeune Afrique. Des hommes armés seraient venus le chercher, sans que sa destination ni les motifs précis de cette arrestation soient officiellement établis.
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Le silence des autorités, lui, reste remarquablement bavard. Dans un pays où les informations sensibles semblent parfois circuler plus vite dans les couloirs que dans les communiqués, chaque interpellation nourrit son lot de questions. Pourquoi maintenant ? Pour quelle affaire ? Et surtout, combien de temps faudra-t-il attendre avant que les Nigériens sachent ce qui est réellement reproché à l’ancien ministre ?
Kalla Moutari n’est pourtant pas un figurant de passage dans l’histoire politique du Niger. Il a occupé le portefeuille de la Défense entre 2016 et 2019, sous la présidence de Mahamadou Issoufou, avant de diriger également le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement. Son parcours en fait une figure connue de l’ancien système politique.
Son interpellation intervient dans un contexte particulièrement tendu, marqué par des arrestations visant plusieurs personnalités et par les troubles sécuritaires enregistrés à Niamey les 28 et 29 août. Mais, faute d’éléments publics permettant de relier ces événements, toute conclusion hâtive serait hasardeuse.
Une autre disparition alourdit encore l’atmosphère : celle du journaliste Moussa Kaka, toujours porté disparu selon les informations rapportées. Voilà donc un pouvoir qui parle peu, arrête parfois beaucoup, et laisse les citoyens jouer aux devinettes. Sous le général Tiani, la transparence semble avoir pris congé, sans préciser la date de son retour.
Dans ce climat, justice et sécurité deviennent les scènes d’un théâtre politique où les acteurs changent, mais où le public attend des explications. Les portes se ferment, les interrogations, elles, restent ouvertes.
Wilfrid K./La rédaction






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