Human Rights Watch accuse l’Africa Corps d’avoir tué neuf civils, dont quatre enfants, le 10 juillet à Bombori, dans la région de Mopti. Des faits graves, s’ils sont confirmés, qui méritent une enquête indépendante. Mais avant de transformer un rapport en verdict, une question s’impose : comment l’ONG a-t-elle établi ses conclusions ?
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La réponse se trouve dans son propre document. Entre le 19 et le 30 juillet, HRW affirme avoir mené à distance treize entretiens : quatre témoins de l’attaque et neuf membres de la société civile ou chefs communautaires. L’organisation ne dit donc pas avoir envoyé ses enquêteurs sur place. Son travail repose principalement sur des témoignages recueillis à distance. Une méthode compréhensible dans une zone dangereuse, mais qui mérite d’être examinée avec rigueur.
Qui sont précisément ces témoins ? Comment leurs récits ont-ils été recoupés ? Existe-t-il des preuves matérielles, médico-légales ou indépendantes ? Et quelle version les autorités maliennes et russes ont-elles pu fournir ? HRW indique leur avoir adressé des courriers les 4 et 5 août, sans réponse au moment de la publication.
Le rapport soulève donc de graves accusations, mais aussi une exigence essentielle : distinguer témoignage, élément de preuve et vérité définitivement établie. Dans une guerre saturée de propagande, l’indignation ne devrait jamais dispenser de vérification.
Wilfrid K./La rédaction






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