À Durban, des milliers de manifestants ont réclamé le départ des sans-papiers, convaincus qu’ils seraient responsables du chômage, de l’insécurité et des difficultés économiques. Dans cette équation politique devenue familière, l’étranger fait figure de suspect permanent, tandis que les véritables causes des crises restent soigneusement à l’abri des projecteurs.
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Quand les promesses de prospérité tardent à produire leurs effets, il est souvent plus simple de désigner un voisin venu d’ailleurs que de rendre des comptes sur des années de mauvaise gouvernance, de corruption ou d’absence de réformes. L’immigré devient alors le punching-ball idéal : il ne vote pas, il répond rarement et porte volontiers les fautes des autres.
Le plus ironique est que nombre de ces étrangers ont quitté leurs pays pour fuir les mêmes difficultés que celles dénoncées aujourd’hui en Afrique du Sud. Les frontières deviennent ainsi le théâtre d’une étrange illusion : on expulse les plus faibles, mais les vrais responsables des fractures économiques, eux, voyagent souvent en première classe. À force de chercher des coupables plutôt que des solutions, le pays risque de transformer la colère populaire en spectacle permanent, sans jamais résoudre les défis qui l’ont fait naître.
Wilfrid K./La rédaction







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