Soixante-cinq ans après l’assassinat de Patrice Lumumba, l’histoire refuse toujours de se taire. La mort d’Étienne Davignon, ancien diplomate belge cité dans l’affaire, referme brutalement l’un des derniers chapitres judiciaires liés à l’élimination du héros indépendantiste congolais. Celui qui devait comparaître devant la justice belge pour son rôle présumé dans la détention et le transfert illégal de Lumumba emporte avec lui une partie des réponses qu’attendaient encore de nombreux Africains.
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Le plus ironique reste cette lenteur presque historique avec laquelle les anciennes puissances coloniales abordent leurs propres crimes. Il aura fallu plusieurs décennies, des enquêtes parlementaires, des pressions internationales et la persévérance de la famille Lumumba pour qu’un ancien responsable belge soit enfin renvoyé devant un tribunal. Entre-temps, la plupart des acteurs directs de cette tragédie ont disparu, laissant derrière eux des archives, des silences diplomatiques et des mémoires encore blessées.
Patrice Lumumba demeure pourtant bien plus qu’un ancien Premier ministre congolais. Pour une grande partie de l’Afrique, il symbolise encore ce moment où les rêves d’indépendance ont brutalement rencontré les intérêts géopolitiques des anciennes puissances coloniales. Son assassinat reste l’un des rappels les plus violents que certaines libertés africaines ont été combattues jusque dans le sang.
Wilfrid K./La rédaction





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